mercredi 25 novembre
Le Journal de Peter
PEREZ Sébastien/MANIEZ Martin, Le journal de Peter, Milan jeunesse, octobre 2009. 16, 50 €
La jeunesse de Peter avant qu'il ne devienne "Peter Pan" racontée sous la forme d'un journal intime agrémenté de croquis et de pièces jointes. Voilà un très intéressant projet éditorial parfaitement mené par les éditions Milan et conduit par Sébastien Perez (l'auteur du déjà très bon album illustré par Benjamin Lacombe : Généalogie d'une sorcière au Seuil jeunesse) au texte et Martin Maniez à l'illustration.
C'est avec un véritable plaisir de lecture que le lecteur suit l'histoire de Peter, un orphelin à la recherche de sa mère. Peu à peu, il progresse avec son héros dans sa quête personnelle jusqu'à cette chute finale, cette douloureuse révélation (la découverte que sa mère l'a abandonné délibérement) qui transformera le jeune Peter en Peter Pan.
Graphiquement, cet ouvrage, véritable livre-objet, est tout aussi réussi. Cela fait quelques années déjà que les éditeurs ont cherché a renouvelé la forme documentaire par ce type de présentations : dynamiques, ludiques et intéractives. La fiction -quant à elle- est encore un peu en retrait de cette révolution mais quelques beaux exemples sont déjà à noter : l'excellent Le gentil facteur ou lettres à des gens célèbres (Albin Michel jeunesse), véritable précurseur dans le domaine, et le phénomène Cathy's book (Bayard jeunesse), plus récent.
Le journal de Peter est à ce niveau un très intéressant modèle d'ouvrages dont la forme et le fond se répondent points par points. C'est en effet un journal aux pages jaunies, aux taches d'encres déversées malencontreusement et aux croquis plus ou moins ébauchés que nous tenons entre nos mains. Les crayonnés en noir et blanc (à la technique parfaitement maîtrisée) sont d'une grande beauté, ils sont par moment colorisés et souvent accompagnés de collages divers (plan de la ville de Londres, photographies, lettres...). Chaque page est une merveille, une surprise et fait sens avec le texte.
Bref, nous tenons là une véritable réussite éditoriale à mettre sous le sapin pour les enfants à partir de 8 ans.
Et parce que je ne parviens pas à en parler aussi bien qu'elle, je vous renvoie vers le très complet et intéressant billet rédigé par Emmyne autour de cet album.
dimanche 22 novembre
Taguée en vert
Taguée en VERT par Emmyne (merci encore d'avoir pensé à moi, j'adore les tags de couleurs!!!), cela n'a pas été très difficile d'en trouver chez moi tant j'aime cette couleur. Tu as eu le nez fin, Emmyne!
#1 : Nuancier ; Dédicace d'Ilya Green pour Sophie et les petites salades, Didier jeunesse ; Thé vert à la rose et à la menthe (délicieux!) ; carte postale Ikea.
#2 : Une misère sur la bibliothèque ; Illustration de Martine Perrin pour Le parapluie de madame Hô, Milan jeunesse ; Illustration de Marie Desbons pour un calendrier perpétuel La Marelle ; Vaisselle du quotidien.
#3 : Détail d'une carte postale La Marelle (illustration Marie Desbons) ; Bouquet de lysanthius dans le salon ; Koinobori Madame Mo ; Détails de revêtements en tissus d'objets du quotidien.
#4 : Détail d'une carte postale Ikea ; Illustration d'Anne Crausaz pour J'ai grandi ici, MeMo ; Feutrine, tissus et fils vert.
Pour Mimi, je choisis le MARRON, couleur d'automne, pour Anne et son Estaminet coquet le BLANC, couleur sobre et élégante et pour Azélie le ROUGE, la couleur des Matriochkas, si elles en ont le temps et l'envie.
Tag coloré réalisé avec Benjamin Biolay en fond sonore (en espérant que l'album me soit apporté par le gentil Père Noël. A bon entendeur!).
Découvrez la playlist Benjamin Biolay avec Benjamin Biolay
jeudi 19 novembre
Tsunami
OLLIVIER Mikaël, Tsunami, coll. "Petite poche", Thierry Magnier, octobre 2009. 5 €
Tsunami appartient à ces livres que je trouve très bons mais que je ne sais ni comment vendre, ni à qui (dans le même genre il y a Les lionnes de Chabas sur lequel je tarde un peu à faire mon billet). J'aime beaucoup l'écriture pimpante de Mikaël Ollivier et de cet auteur, j'avais déjà beaucoup aimé et ri sur : Le grand mystère et Vivement jeudi, dans la même collection.
Mais Tsunami est un livre effrayant. Effrayant car il nous décrit la violence de l'actualité vue par les yeux d'un enfant, avec toute sa sensibilité et toute sa fragilité émotionnelle ; il nous transmet des angoisses ; il nous parle d'un non-désir de grandir.
Mais il est beau ce petit roman, il est vrai, il est sans compromis et en dit long. Et peut-être bien que c'est à nous, adultes, qu'il parle. A nous qui donnons toutes ces images à voir à l'enfant sans penser à ce que lui peut ressentir avec ses quelques années d'existence, ce qu'il peut en comprendre, ce qu'il peut en tirer. A nous, adultes, qui aussi, construisons l'avenir de ces enfants.
- Pourquoi tu ne veux plus grandir? répète la maîtresse.
Elle est si jolie avec ses grands yeux bleus, ses cheveux blonds tirés en arrière mais dont une mèche un peu folle s'est échappée, ses lèvres rouges et son parfum qui sent la poudre... Comment lui dire? Comment lui dire que bientôt, bientôt bientôt bientôt bientôt c'est la fin du monde?
J'ai été touchée par ces quelques pages et notamment par cette chute que je dévoile (désolée) si dure à entendre.
Une "petite poche" à lire, indéniablement, et peut-être par les adultes, dans un premier temps.
mardi 17 novembre
Tagamitié
Mimi m'a gentiment décerné un "Tagamitié" et je la remercie encore. J'ai été très touchée par son petit mot.
Il me faut donc maintenant citer 7 choses que j'aime et décerner ce Tagamitié à 7 personnes.
J'aime :
* Les jacinthes en hiver
* Quand les vignes poussent dans des graviers (ça donne le vin de Graves et c'est très bon).
* Quand les cerisiers japonais annoncent l'arrivée du printemps
* Quand le rouge se marie au rose
* Prendre des douches très très chaudes et sortir toute embuée
* Monter ma tisane du soir et la boire dans mon lit en lisant (c'est mon petit côté "vieille grand-mère").
* Coller plein de stickers Boutavant sur mes courriers à poster (c'est mon petit côté enfantin).
Et je cite 7 bloggeuses à qui j'ai envie de décerner ce prix :
* Gaëlle, parce que c'est une évidence.
* Vanessa, pour sa gentillesse et sa fantaisie.
* Clarabel, pour son travail admirable (quoiqu'en disent quelques détracteurs).
* Cuné, pour sa bienveillance et sa disponibilité.
* Marie pour nos agréables échanges et la qualité de son blog.
* Zélie car c'est partie remise! (et que je suis bien contente d'en avoir enfin l'occasion).
* Et pas Emmyne (bien que le coeur m'en dit très fort) car j'ai promis de ne plus jamais la taguer! (snif!)
Voilà, c'est fait Mimi!
lundi 16 novembre
Les Poupées russes
NELSON Sandra/PELON Sébastien, Matriochka, Les albums du Père Castor, Flammarion, Octobre 2009. 13 €
"Au nord-est de Moscou,
dans la forêt de Semenov,
vivaient Ivan et Natacha,
modestes moujiks, et leurs cinq filles.
Aussi belles que douces,
elles s'entendaient à merveille
et ne se quittaient jamais.
D'une ressemblance saisissante,
seule leur taille successive les distinguait».
Parce que la récolte, détruite par la grêle, fut catastrophique, le père est contraint d'envoyer l'une de ses filles, l'aînée, chez Babayaga, la terrifiante Babayaga, la sorcière dévoreuse d'enfants. Dans son isba, la sorcière lui confie les pires tâches impossibles à réaliser par une seule personne. Mais ce que la sorcière ne sait pas, c'est que sous la jupe de Katérina se cachent les 4 autres soeurs, chacune avec le talent qui lui est propre. Et ce que les cinq soeurs ignorent encore, c'est que cette abominable sorcière dissimule un douloureux secret qui fait d'elle une autre personne, moins terrifiante qu'il n'y paraît.
Magnifique histoire, à la frontière du conte, qui convoque la beauté, le merveilleux, la terreur et le maléfice pour nous plonger au coeur d'une légende russe (véridique?) autour de la création des Matriochkas.
Les illustrations de Sébastien Pelon (un artiste que je ne connaissais pas) accompagnent merveilleusement ce texte, le subliment même. La beauté hiératique des cinq soeurs ; l'effroi qui se dégage de leurs yeux quand elles apprennent la nouvelle ; la larme presque invisible du père, en retrait, dans le noir, qui voit partir sa fille ... C'est avec talent que l'illustrateur a su rendre tout le tragique et la tension de cette histoire et lui donner ainsi des allures de conte. Il développe un charme coloré basé sur la trichromie bleu, blanc, rouge et sur un sens de la composition très étudié, qui nous séduit du début à la fin, comme autant de "tableaux" qui jalonneraient l'histoire.
On regrette juste un peu que les sources de cette histoire ne soient pas mentionnées.
A partir de 5 ans.
Lili Oregane a aussi aimé.
****
Sur le même thème des matriochkas, une très jolie première lecture :
PAVLOVSKY Sophie/LESGOURGUES Julie, Le secret d'olga, Nathan Poche, octobre 2006.
Olga est une matriochka, la plus petite des matriochkas, celle qui ne s'ouvre pas. De ce fait, elle se croit, par rapport à ses sœurs, insignifiante et inutile. Aussi décide-t-elle, un matin, de partir à la recherche de ses origines. Elle se rend chez Sacha, le marchand de souvenirs, chez la vieille Babouchka qui décore les poupées russes, chez Dimitri, le menuisier qui les a fabriquées... Quand elle rentre chez elle, le soir, Olga ne peut dire pourquoi elle est differente de ses sœurs, mais ce qu'elle a appris, tout du moins, de cette quête initiatique, c'est que sa différence est belle et qu'elle est indispensable aux yeux de ses sœurs qui sont heureuses et soulagées de la retrouver enfin parmi elles.
Cette belle histoire à tiroirs, parfaitement structurée (à l'instar des poupées russes qui s'emboîtent), récapitule les différentes étapes de la réalisation des matriochkas (du marchand qui les vend au tilleul qui fourni le bois nécessaire à leur réalisation) et aborde avec justesse les thèmes de la différence et de la confiance en soi.
Une première lecture d'une grande qualité littéraire illustrée par des peintures traitées tout en matière.
A partir de 6 / 7 ans.
vendredi 13 novembre
Histoires de moufles
DESNOUVEAUX Florence/HUDRISIER Cécile, La Moufle, coll. "A petits petons", Didier jeunesse, octobre 2009. 11 €.
C'est l'histoire -bien connue- d'une moufle perdue dans la neige dans laquelle vont peu à peu s'engouffrer plusieurs animaux qui passaient par là. Des animaux de plus en plus gros, dès lors obligés de se tasser au sein d'une "maison de laine" à l'avenir bien précaire. Et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, c'est la présence -de trop- du dernier animal qui va faire littéralement exploser la moufle et provoquer le rire amusé des enfants.
Un conte randonnée ukrainien ou russe (les sources sont diffuses) déjà connu, déjà plusieurs fois traduit en images* et aujourd'hui réédité par Didier jeunesse qui a su lui apposer sa touche personnelle : une mise en page dynamique avec des typographies différentes en fonction du discours ; le "ch'krii, ch'krii, ch'krii" du bruit des pas dans la neige ; un texte chantant et rimé qui se lit très agréablement à haute voix et une interprétation graphique moderne confiée à la "grande" Cécile Hudrisier.
De cette illustratrice on connaissait -entre autres- quelques incontournables : La cocotte qui tap-tip-top, La grosse faim de P'tit Bonhomme ou encore sa version totalement délurée de La Petite Poule Rousse (tous ces ouvrages étant édités chez Didier jeunesse) dont on se délecte les enfants se délectent toujours autant. L'artiste semble ici avoir fait quelque peu évoluer sa technique : moins de collages et un retour au dessin mais avec le développement d'une nouvelle technique qu'elle appelle la "poilichonnade photoshopée". Et en effet, on ne peut qu'être stupéfaits devant ces très beaux rendus de matière ou de fourrures! Mais son style est bien là : dans les apparences toujours légèrement excentriques de ses personnages (à noter le look vintage tout à fait séduisant du sanglier) et dans son traitement toujours très amusant des situations (les gouttes de sueur qui suintent quand tout les animaux se retrouvent coincés dans la moufle). Et c'est un vrai plaisir de retrouver là l'illustratrice.
La moufle est une histoire d'hiver qui célèbre le partage et la solidarité, un conte qui me plaît beaucoup par sa structure, impeccablement rythmée, et par son humour. Cette nouvelle interprétation trouve aujourd'hui tout son sens au sein du catalogue Didier jeunesse. Nul doute qu'elle deviendra bientôt un incontournable pour les enfants à partir de 3 ans.
A noter : quelques étapes de création de l'album sur le blog de l'illustratrice : là. (à lire donc à "rebrousse-poil")
Gaëlle a aussi aimé.
***
*D'autres titres tirés de ce conte
JADOUL Emile, Ma maison, Casterman, Août 2007, 9€.
Une chaussette abandonnée dans la neige va attirer successivement plusieurs animaux qui choisissent d'y élire domicile. Mais bientôt l'espace commence à manquer un peu dans cette chaussette, devenue tout à la fois la maison de la souris, la cachette du cochon, le poulailler tout chaud de la poule, le terrier du lapin, la caverne l'ours ou bien encore l'étable du mouton.... et quand le loup, à la recherche, non de sa maison mais de sa deuxième chaussette apparaît soudain, c'est à celui qui quittera le plus vite les lieux!...
Une nouvelle fois, par un graphisme clair et des mots simples, Emile Jadoul sait parler aux plus petits. Le format à l'italienne de ce livre cartonné, caractéristique de la collection "A la queue leu leu", est comme toujours agréable à manipuler et à regarder. Une petite histoire animalière qui donnera aussi l'occasion d'aborder avec les petits le vocabulaire des habitats des animaux de la ferme. A partir d'1 an.
BRETT Jan, Nicki et les animaux de l'hiver, "Petits Gautier", Gautier-Languereau, oct. 2007. 5, 20 €.
Comme dans Le Chapeau, Jan Brett emmène son lecteur dans un paysage blanc hivernal au coeur duquel les péripéties de plusieurs animaux créent l'histoire.
En Ukraine, un petit garçon, prénommé Nicki, rêve d'avoir de nouvelles moufles blanches comme la neige. Baba, sa grand-mère, est un peu réticente à l'idée de lui tricoter une paire de cette couleur car l'enfant risque en jouant de les perdre et de ne jamais pouvoir les retrouver dans la neige. Elle cède toutefois devant l'insistance du garçon mais ce qui devait arriver arriva et Nicki égare une de ses moufles. Perdue par l'enfant qui ne s'est aperçu de rien, la moufle ne va toutefois pas restée inoccupée longtemps car bientôt une petite taupe qui passait par là choisit d'y élire domicile, puis un lièvre, un hérisson, un hibou, un blaireau et plusieurs autres animaux encore, de plus en plus gros. Chaque nouveau colocataire se satisfait de ce petit refuge confortable et douillet si bien que la moufle grossit, gonfle, se détend jusqu'à littéralement éjecter tous ses habitants, d'un coup, sous la présence de trop d'une toute petite souris (Jan Brett avait déjà utilisé ce procédé de la goutte d'eau -en l'occurrence un tout petit animal- qui fait déborder le vase dans Le Parapluie, Gautier-Languereau).
Une très intéressante histoire autour du thème du partage illustrée tout en finesse par le style presque baroque de Jan Brett qui sait occuper l'espace, dresser un cadre à la fois décoratif et narratif à ses planches et développer une illustration qui fait sens avec le texte. Du grand art... On regrette qu'il n'ait pas été exploité dans une réédition en plus grand format.
A partir de 3 ans.
Et aussi :
GIRAUD Robert, La Moufle, Père Castor, Flammarion. 4, 20 €. (Existe aussi dans une version plus petite à 1, 95 €).
BARBARA Diane, La Moufle, coll. "Romans benjamin", Actes Sud, nov. 2006, 7 €.
mercredi 11 novembre
Refaire surface
Tenter de sortir de la léthargie et lutter contre la morosité ambiante en :
# Mettant de la couleur dans sa cuisine
Plateau Ikéa ; Verres en mélamine Rice
# Emmenant son thé bien chaud au boulot
Thermos Deer Brand
# Et en lisant Joséphine
BAGIEU Pénélope, Joséphine, Jean-Claude Gawsewitch, sept. 2008. 15 €
Se régaler des histoires de cette jeune femme, célibataire trentenaire ; glousser intérieurement ; et être rassurée de voir que l'on est pas la seule à être ridicule...
Et dès les prochains jours : retour aux livres! (ça arrive, Gaëlle!)
lundi 02 novembre
A Bordeaux, il y a müm
A Bordeaux, j'ai découvert une adorable petite boutique, un peu en retrait des grands axes, presque cachée et pourtant tout à fait incontournable quand on aime la déco et la couleur.
Ca ressemble à un petit atelier d'artiste, à une chambre d'enfants, à un petit intérieur vitré mais c'est une boutique! Une boutique comme je les aime, intimiste, et qui renferme des trésors.
Chez Müm, on trouve les magnifiques veilleuses Egmont Toys (et notamment le champignon rouge que j'adooooore mais que je ne parviens pas à m'offrir -snif!), des stickers Mimi'Lou , ainsi que plein de produits Madame Mo dont notamment : des sacs à provisions en coton bio, des cartes postales, des Norens, des Koinoboris et des poupées. Petit regret toutefois : on ne trouve pas dans cette charmante boutique les planches de l'abécédaire nippon, mais on y découvre tellement d'autres choses que c'est vite pardonné.
Un endroit tout à fait charmant à découvrir lors de tout passage dans la capitale bordelaise.
Müm, 8 Porte Basse, Bordeaux.
dimanche 01 novembre
Carte postale de vacances #4
Bordeaux, Façades sur le quai Richelieu
samedi 31 octobre
Carte postale de vacances #3
Bordeaux, Monument aux Girondins




































